Lockout 2002

Le lock-out à Radio-Canada en 2002 fût le pire épisode de ma carrière. Ce qui ne devait être qu’un débrayage d’un jour pour accélérer les négociations s’est transformé en un véritable cauchemar. Des centaines d’employés à la rue pendant deux mois et demi.

Radio-Canada est en lockout!
Jean St-Onge, du service des sports, en piquetage devant Radio-Canada, alors que des agents de sécurité bloquent l’accès à l’édifice.
Photo Eric Barbeau/Barbeau-Images

En un rien de temps, l’enjeu de ce conflit de travail s’est mis à graviter autour des employés à statut précaire. Et sans le vouloir, je suis devenu une sorte de porte-étendard de ces sans-statuts.

À l’époque j’étais journaliste-présentateur dans la salle de nouvelles nationales et internationales. En dépit du fait que j’oeuvrais à la SRC depuis 1992, et dans de fort belles fonctions à Vancouver, à Québec et au réseau national à Montréal, je n’avais jamais connu la permanence ni la stabilité d’emploi. J’ai toujours signé des contrats de 10 mois et je devais me faire engager comme remplaçant d’été aux nouvelles ou dans d’autres services pour boucler l’année.

Mes prises de position durant le conflit m’ont placé en porte-à-faux avec la direction des nouvelles radio. À la fin du conflit en juin 2002 j’ai chèrement payé pour avoir osé décrire nos très instables conditions de travail. Dur apprentissage de la politique!

Quoi qu’il en soit, à la fin du conflit, je suis revenu en ondes aux nouvelles à 6h00 du matin, toujours sans statut, ni permanence. J’ai perdu deux mois et demi de revenus, de l’argent disparu à jamais. Ce matin-là, comme remplaçant, j’ai remercié le public d’être encore à l’écoute en commençant mon bulletin de nouvelles.

Parfois quand je repense à ce conflit de travail, je me remémore la jolie chanson que mon collègue Bertrand Hall avait composé pour l’occasion.

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